Trois jeunes diplômés ont crée l’an dernier une application innovante. Gratuite et accessible sur iPhone et Android, Skimm vous permet de régler vos achats avec votre smartphone. Disponible dans plusieurs chaînes de restauration, l’application sera bientôt étendue à la grande distribution. Interview avec Antoine Sakho, l’un des créateurs de Skimm.
Actu[Elle] : A quoi sert votre application ?
Antoine Sakho : Skimm est un système de paiement par smartphone. Il permet d’effectuer trois types de transactions : le paiement en caisse, le paiement de particulier à particulier (effectuer des virements entre amis, par exemple) et le paiement en ligne sur des sites d’e-commerce, comme Amazon. Il s’agit de diminuer les frictions liées à la matérialité de l’argent.
Où en êtes-vous dans vos études ?
Je suis actuellement en année de césure à Sciences Po. Avant cela, j’ai fait mes études dans un lycée international à Reims. J’ai également fait un an d’études à Tokyo, au Japon il y a deux ans, dans le cadre de mon année d’échange à Sciences Po.
Combien de personnes sont à l’origine de Skimm ?
Nous sommes co-fondateurs avec Valentin et Julien. J’ai connu Valentin à l’entrée à Sciences-Po et j’ai fait la connaissance de Julien par le biais d’amis communs. Nous sommes trois associés, mais actuellement, huit personnes travaillent pour Skimm.
Comment vous est venue l’idée de Skimm ?
La création de Skimm a commencé par des recherches informelles sur les nouvelles technologies. Avec Valentin, nous nous sommes intéressés aux téléphones portables et aux QR codes (codes barres à deux dimensions, ndlr). On a réfléchi à des concepts mais rien de matérialisé avant le mois de mai dernier. En terminant notre 3e année à Sciences Po on a décidé de se lancer dedans.
Comment avez-vous financé votre application ?
Nous avons contracté un emprunt étudiant pour développer le prototype de Skimm. On a également bouclé une levée de fonds de 300 000 € en un an, qui nous a servi à développer le projet et à recruter. Actuellement, nous touchons de 1 à 2.5% sur chaque transaction, en fonction des partenaires.
Comment avez-vous fait connaître Skimm ?
Nous travaillons beaucoup sur les réseaux sociaux. On s’est développés sur des quartiers cibles, surtout étudiants, comme Jussieu ou Assas. Et ça a marché. Désormais, les associations étudiantes utilisent Skimm pour vendre des places de spectacles et les étudiants pour s’acheter à manger le midi.
Qu’en est-il de la sécurité ?
Il y a un système de code de sécurité. L’utilisateur doit insérer un mot de passe qu’il a choisi au moment de son inscription à Skimm. Ensuite, au moment de payer, l’utilisateur doit aussi insérer un code de sécurité, exactement comme pour la carte bancaire. Il faut insérer ce code de sécurité à chaque paiement et l’application se déconnecte automatiquement au bout de quatre essais erronés. En cas de déconnexion, il faut se reconnecter à l’application à l’aide du mot de passe et de l’adresse mail. Bref, aucun risque de fraude !
Quels sont vos partenaires actuels ?
Nous avons actuellement des partenariats avec des chaînes de restauration telles que Lina’s, Nooi ou encore Subway. Nous travaillons également avec l’Unicef et le Secours Catholique, ce qui permet aux Skimmers d’effectuer des dons aux associations via leur téléphone. Nous développons actuellement un partenariat avec Celio.
Quels sont les remarques que vous font le plus souvent vos clients ?
Les clients nous posent souvent des questions sur la sécurité, le vol ou la perte. Cela dit, une fois qu’ils ont adopté Skimm et qu’ils voient que l’appli fonctionne, ils sont rassurés. Les utilisateurs trouvent avantageux le fait que le minimum d’achat soit d’un centime d’euro. Ils sont aussi satisfaits des partenariats avec les entreprises car ils leur permettent d’avoir accès à des réductions. Par exemple, dans certains restaurants, vous allez avoir une boisson offerte, ou un menu offert au bout d’un certain nombre de passages en caisse.
Quels sont vos projets d’ici la fin de l’année 2012 ?
En ce moment, on prépare l’extension de Skimm à la grande distribution. On est en train d’intégrer le paiement aux logiciels de caisse. Début septembre, une nouvelle version de l’application va sortir.
Propos recueillis par Assia Hamdi





























